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Pas plus que ceux de Nova Gorica, Bodo ou Tartu, les noms de Trenčín ou d’Oulu ne sont parmi les plus connus des noms des villes européennes. Les trois premières ont pourtant porté le titre de Capitale européenne de la Culture, en 2025 ou 2024, et les deux dernières, Trenčín et Oulu, sont, pour toute cette année 2026, les deux lauréates de cette distinction non seulement honorifique, mais économiquement et socialement très enviée, accordée chaque année depuis 1985 par la Commission européenne.
Les choix de la Commission se portent effectivement depuis maintenant plusieurs décennies sur des villes moyennes plutôt que sur des métropoles au patrimoine culturel reconnu : le temps des Paris, Athènes, Florence, Madrid ou Cracovie semble révolu, au profit de cités beaucoup moins exposées pour lesquelles l’attribution de ce label, dont la mission est de « promouvoir leur patrimoine et leur dynamisme culturel », s’avère extrêmement précieuse.
Les deux Capitales européennes de la Culture de cette année 2026 en font, à l’évidence, partie.
Trenčín d’abord, est une petite ville de l’ouest de la Slovaquie, au cœur du massif des Carpates. Ce centre urbain et industriel d’une cinquantaine de milliers d’habitants doit une grande partie de son dynamisme à sa proximité avec la République tchèque très proche. Une ville d’histoire et de culture aussi avec un centre ancien que domine son imposant château, vestige des luttes d’influence passées. Une des curiosités de la vieille ville est sa synagogue, témoin d’une implantation juive ancienne, et devenue aujourd’hui un centre culturel et une salle de concerts.
Depuis le 1er janvier, la ville est transformée en un vaste espace culturel sous le slogan « Réveiller la curiosité », avec de nombreuses animations associant étroitement la population locale au projet. Seront ainsi mis à l’honneur plusieurs disciplines artistiques ou culturelles : l’architecture, la peinture, la musique, mais aussi la littérature envisagée comme outil de dialogue et de réflexion à travers notamment un festival de lecture, véritable marathon littéraire en juillet.
L’autre Capitale 2026, c’est la très nordique ville d’Oulu, située tout au nord de la Finlande dans le Golfe de Botnie. Cette ville d’un peu plus de 200 000 habitants compte plus de 15 000 étudiants et table sur le dynamisme de sa jeunesse pour assurer la réussite de cette année « capitale ». Tout le projet a été conçu autour de la notion de climat (« Cultural climate change »), qui renvoie aussi bien à sa situation géographique et aux enjeux climatiques qu’à la façon d’aborder la culture. Ainsi, un parcours artistique Climate Clock, conçues par des artistes finlandais et internationaux, proposera sept œuvres in situ dont des sculptures en pierre inspirées des glaciers et de la banquise. Et ici aussi, c’est la littérature qui occupera une place de choix avec un festival. Au total ce sont plus de 200 événements qui marqueront cette année culturelle dans laquelle une place importante sera laissée à la culture Sami, notamment dans une exposition.
Trenčín et Oulu, deux villes aux noms méconnus mais qui peuvent devenir cette année deux destinations originales, en tout cas bien éloignées des sentiers les plus fréquentés de la culture européenne.