
© Représentation France Commission européenne
Depuis 2010, l’Access City Award célèbre les villes qui font de l’accessibilité une véritable priorité. La cérémonie de remise des prix est organisée chaque année dans le cadre de la Journée européenne des personnes handicapées, un événement important, réunissant décideurs politiques, organisations et personnes handicapées, dans le but de faire progresser l’inclusion et l’égalité des personnes handicapées dans toute l’Europe.
Selon Eurostat, plus de 90 millions de personnes dans l’Union européenne souffrent d’un handicap. Les espaces accessibles, tant physiques que numériques, constituent un premier pas crucial vers l’égalité. L’accès aux transports, aux bâtiments publics, aux commerces, aux espaces de sport, de loisirs et de culture ou aux logements, au même titre que pour toutes les autres personnes, est essentiel pour que les personnes handicapées puissent agir en toute autonomie et avoir la liberté pleine et entière de leurs choix de vie.
C’est pourquoi ce concours, organisé par la Commission européenne en collaboration avec le Forum européen des personnes handicapées, s’inscrit aussi dans le cadre de la stratégie en faveur des droits des personnes handicapées 2021-2030, qui vise à construire une Europe sans barrières.
Cette année, 51 villes candidates ont postulé. Parmi celles-ci, 18 ont été présélectionnées par les jurys nationaux. Les cinq villes finalistes ont ensuite été présélectionnées par le jury de l’UE.
La ville de Rennes a remporté le troisième prix[1], doté de 80 000 euros, pour ses progrès significatifs réalisés en matière d’accessibilité grâce à une coordination étroite entre ses services municipaux.
Au-delà des actions développées dans le domaine des transports publics, de la voirie, du logement, de l’emploi et de l’enfance, cette distinction confirme le choix de cette collectivité de construire une ville pensée pour toutes et tous, en intégrant tout particulièrement dans sa politique d’accessibilité une offre culturelle inclusive et novatrice.
Les lieux culturels disposent désormais de rampes, d’ascenseurs, de toilettes adaptées et de nez d’escalier à contraste élevé.
Mais au-delà de ces mesures, c’est toute leur animation qui a été repensée :
- kit BOATE (boucle induction, gilet vibrant, rampe valise…) mis à disposition des structures culturelles et bibliothèque de pictogrammes libres de droits,
- expositions accessibles, comme « Prière de toucher », centrées sur la découverte tactile,
- souffleurs d’images (audiodescription en direct de spectacles vivants à destination des personnes malvoyantes) et visites tactiles au musée des Beaux-Arts,
- dispositif « Relax », garantissant un accueil bienveillant pour les spectateurs dont le handicap peut entraîner des comportements atypiques,
- prescriptions muséales : visites gratuites au musée prescrites par des professionnels de santé pour améliorer le bien-être psychosocial.
Des initiatives exemplaires dans la façon dont les enjeux d’accessibilité peuvent se décliner, pour faire en sorte que, selon les mots de la Commissaire européenne à l’égalité Hadja Lahbib, « les libertés et droits fondamentaux s’appliquent à toutes et tous au sein de l’UE ».
[1] Le premier prix Saragosse, deuxième prix Valence (Espagne).