Ça marche ! L’Europe, premier donateur d’aide au développement au monde !

Chaque année, l’Union européenne et les États membres consacrent plusieurs dizaines de milliards d’euros à l’aide publique au développement et fournissent, ainsi, plus de la moitié de l’aide au développement distribuée dans le monde. Cette contribution fait d’eux le premier bailleur de fonds au monde dans ce domaine. Cet engagement fort traduit la volonté de l’Union d’accompagner les pays en voie de développement et également de répondre aux problématiques soulevées par la crise migratoire actuelle.

  • Pierre angulaire de l’action de l’Union européenne, la politique d’aide au développement ne cesse d’évoluer jusqu’à nos jours.

 Bien que cette politique soit mise en œuvre dès le traité de Rome de 1957 en direction d’anciennes colonies ou dépendances des pays membres, ses objectifs sont définis en 1992 dans le traité de Maastricht :

– favoriser le développement économique et social des pays aidés ;

– développer et consolider la démocratie, l’État de droit, le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.                                                                                               

 ○ Avec le traité de Lisbonne, l’objectif principal de cette politique devient « la réduction et, à terme, l’éradication de la pauvreté » (art. 208 TFUE). En 2012, les ministres européens adoptent un « programme pour le changement » de la politique de développement de l’UE. Celui-ci vise à réorienter les futures dépenses de l’UE en matière d’aide au développement vers les pays les moins avancés, à se concentrer sur l’amélioration de la gouvernance et des droits de l’homme, de la protection sociale, de l’agriculture et de l’accès à l’énergie, et à mettre en œuvre des méthodes de financement combinant subventions et prêts.

○ En 2015, l’Union européenne dédie pour la première fois depuis trente ans « une année européenne » à une politique extérieure de l’Union : la politique d’aide au développement et de coopération. L’année européenne du développement (AED) s’inscrit dans un contexte unique de négociations internationales sur le développement, le changement climatique et le développement durable. Dans ce moment propice aux discussions sur le développement, l’AED vise, sous le slogan   « Notre monde, notre dignité, notre avenir », à sensibiliser l’opinion publique et à mobiliser les citoyens en faveur de la coopération au service du développement menée par l’UE.

 ○ En juin 2017, l’Union européenne et les États membres signent un plan stratégique esquissant les grandes lignes de la future politique européenne de développement. Ce «nouveau consensus européen pour le développement» représente une nouvelle vision collective et un nouveau plan d’action pour éradiquer la pauvreté et parvenir à un développement durable. Pour la première fois, il s’applique dans son intégralité à l’ensemble des institutions de l’Union européenne et à tous les États membres qui s’engagent aussi à coopérer plus étroitement. Il réaffirme avec force que l’éradication de la pauvreté demeure l’objectif premier de la politique européenne de développement. Il intègre pleinement les dimensions économique, sociale et environnementale du développement durable. Il aligne donc l’action européenne sur le  programme de développement durable à l’horizon 2030.

Des moyens importants sont dégagés. Pour la période 2014-2020, Conseil et Parlement s’entendent sur un montant de plus de 66 milliards d’euros pour la rubrique « Europe dans le monde » du cadre financier pluriannuel et de près de 31 milliards d’euros pour le 11ème Fonds européen pour le développement (FED).

  • Quelques exemples de l’Aide au développement.

 ○ En Inde, l’UE soutient le gouvernement national dans sa lutte contre la pauvreté en agissant pour un meilleur accès à l’éducation primaire. L’aide européenne prend la forme d’un appui budgétaire de près de 80 millions d’euros, versés directement au gouvernement indien.

 ○ En Zambie, 52 centres de soins bénéficient des aides européennes. Celles-ci financent par exemple l’achat de lits d’hôpital, de lits d’accouchement ou encore de matériel de santé moderne. Cela permet à davantage de femmes d’accoucher dans de meilleures conditions, de réduire le taux de mortalité infantile et, plus généralement, d’assurer  un meilleur accès aux soins.

 ○ Au Mali, l’UE met à disposition de la police, de la gendarmerie et de la garde nationale des experts en formation et en conseil stratégique. Le but de cette opération est d’aider l’État malien à maintenir l’ordre et à assurer la sécurité de ses citoyens, tout en modernisant ses forces armées.

 ○ Au Kosovo, l’UE déploie des procureurs et des juges dont le travail est de surveiller le déroulement d’affaires judiciaires de premier plan, ainsi que de conseiller les autorités locales sur la façon de mener les enquêtes. Le but de cette opération est de renforcer l’État de droit et de lutter contre les tentatives d’interventionnisme politique dans les décisions de justice.

 Avec de telles actions, l’Union européenne fait le choix d’une stratégie de long terme. En s’attachant aux principaux problèmes auxquels font face les pays en voie de développement (instabilité politique, pauvreté, faiblesse de l’Etat de droit, manque d’infrastructures), l’Union européenne permet aux populations de prendre en main leur propre développement et elle s’attaque également aux raisons pour lesquelles tant de personnes font le choix de quitter leur pays.

 La paix et la prospérité que l’on trouve en Europe sont presque uniques au monde.  L’Union européenne, soutenue massivement par les Européens 1, œuvre pour qu’elles se concrétisent aussi ailleurs.

  1. Pour près de neuf personnes interrogées sur dix, il est important d’aider les populations des pays en développement et, au moins trois quarts des sondés de chaque Etat membre sont de cet avis avec, il est vrai, des différences selon les pays : 98 % en Suède, 97 % à Chypre et au Luxembourg mais 75 % en Bulgarie, 77 % en Lettonie et 78 % en Estonie et en République tchèque.

Eurobaromètre spécial, n° 455, novembre-décembre 2016, Opinions des Européens sur le développement, la coopération et l’aide.

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