Colloque Europa 2019 : politiques agricoles en Europe.

Le 29 novembre 2019, se tenait dans l’hémicycle de la Maison de la Région à Limoges le 23ème colloque de l’ONG Europa dont l’intitulé était :

 

Les politiques agricoles et de développement rural en Europe : 

pour une agriculture au service de l’attractivité des territoires ?

 

Après les politiques de l’énergie en 2017, les mobilités en 2018, le colloque annuel d’Europa était consacré cette année à l’agriculture et à la façon dont les politiques qui sont conduites dans ce domaine, tant au niveau local, national qu’européen, concilient les impératifs socio-économiques et le développement des territoires ruraux.

Comme il est de tradition dans ces colloques, le contenu et l’orientation des travaux et débats de la journée sont présentés par le délégué général d’Europa, Michel Senimon, ainsi que par Hélène Pauliat, qui en est la présidente. Les élus et responsables locaux ou régionaux, mettent ensuite l’accent sur l’importance du secteur agricole dans une région de France qui se caractérise par la richesse de ses productions mais aussi par la place prépondérante qu’y tient l’agriculture en termes de territoire et de population (la Nouvelle-Aquitaine est la première région agricole de France et la deuxième d’Europe). Le représentant de la Chambre d’Agriculture de la Haute-Vienne met en avant, quant à lui, l’absolue nécessité de revaloriser l’image des agriculteurs et de reconnaître par une rémunération le rôle qu’ils jouent dans la protection des paysages et des territoires.

Chacun insiste également sur la dimension européenne des politiques agricoles, et notamment sur l’importance de la PAC (Politique Agricole Commune), qualifiée par un des intervenants de « première politique publique à l’échelle européenne ».

La PAC fait d’ailleurs l’objet du premier débat entre les participants, universitaires de différents pays d’Europe, spécialistes des questions agricoles et décideurs locaux. Si elle a permis à la population européenne de répondre aux besoins alimentaires dans les décennies d’après-guerre, les nouveaux défis du XXIème siècle, qu’il s’agisse de la croissance démographique, de la contrainte environnementale, de la flambée des matières premières agricoles, de la tension autour des ressources ou des stratégies géoéconomiques etc., obligent l’UE à redéfinir les objectifs et les moyens de sa politique agricole dont les réformes à venir peuvent inquiéter, avec notamment la menace d’une « renationalisation ».

Les intervenants ont également rappelé avec force l’incidence que les décisions en matière de politique agricole pouvaient avoir sur les territoires ruraux et les populations qui en dépendent : ainsi le « deuxième pilier » de la PAC est censé assurer la cohésion de ces territoires. Une position soutenue également par le député Jean-Baptiste Moreau, pour qui les nouvelles décisions en matière de politique agricole devront tenir compte de façon harmonieuse des exigences sociales, fiscales et environnementales notamment.

Une seconde table ronde s’interroge sur la façon dont les politiques publiques intègrent les nouveaux enjeux de la production agricole : s’il est admis par tous que désormais il faut « faire autrement », cette transformation inéluctable devra se dérouler selon des processus différents, allant d’une simple amélioration des pratiques agro-industrielles à une remise en cause radicale de ces pratiques. Des intervenants venus de plusieurs pays de l’Union Européenne (Espagne, Lituanie…) témoignent de la difficulté de mettre en œuvre ces politiques dans leur pays, mais aussi de la nécessité de les adapter en fonction des systèmes d’organisation territoriale.

Le débat s’oriente enfin sur l’avenir des professions agricoles dans un monde en totale mutation. Les innovations imposées par les impératifs sanitaires et environnementaux ainsi que par les nouvelles technologies sont au cœur des discussions : si elles ont déjà entraîné de profondes mutations dans le monde de la formation professionnelle, elles ont aussi une forte incidence sur le métier d’agriculteur. La question est en effet posée de la façon dont seront assurés le renouvellement des générations et le maintien d’une agriculture économiquement viable.

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