Discours de J.C. JUNCKER sur l’état de l’Union du 12 septembre 2018

 

 

 

 

J.C. Juncker commence son discours en rappelant que si le mandat de cinq ans de la Commission ne permet pas à celle-ci de « changer définitivement le cours des choses », il lui reste encore un an à travailler « pour faire de l’Union européenne imparfaite une Union chaque jour plus parfaite ».

 

 

 

Dans sa présentation de l’état de l’Union aujourd’hui, des aspects positifs sont soulignés :

  • une croissance ininterrompue sur 21 trimestres.
  • Près de 12 millions d’emplois créés depuis 2014.
  • Des investissements de près de 400 milliards d’euros grâce au Fonds européen pour les investissements stratégiques.
  • « Les efforts herculéens du peuple grec » pour remettre le pays sur pied.
  • Une puissance commerciale qui génère des changements positifs dans les normes mondiales concernant la qualité, le droit au travail, l’environnement;
  • Une Union qui représente un cinquième de l’économie mondiale.

Mais, selon lui, « les défis extérieurs se multiplient jour après jour » :

  • l’Union se doit d’appliquer les Accords de Paris pour la sauvegarde de la planète.
  • Elle doit définir une politique vis à vis des Balkans occidentaux[1].
  • Elle doit prendre en compte les changements dans l’ordre international, sachant que « les alliances d’hier ne seront peut-être plus les alliances de demain ».

J.C. Juncker souhaite une Europe forte et unie pour montrer aux citoyens qui voteront pour élire les députés européens que « l’Europe peut surmonter les différences entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest, la gauche et la droite. ».

Les citoyens européens attendent que les géants de l’Internet soient taxés, que les plastiques à usage unique soient interdits, que le changement d’heure soit aboli. Il ne faut pas que cela reste des propositions de la Commission, il faut un vote et une mise en application.

Pour que cette Europe forte et unie soit aussi garante de paix, il présente les actions actuelles qui vont dans ce sens :

  • La construction de l’Union européenne de la Défense grâce au Fonds européen de défense et à une Coopération permanente ;
  • Le renforcement de l’Union de la sécurité grâce aux différentes propositions de la Commission : message terroriste en ligne supprimé dans un délai d’une heure, élargissement du mandat du Parquet européen, lutte plus efficace contre le blanchiment de capitaux et   contre toute manipulation par des pays tiers ;
  • L’élaboration de solutions responsables aux problèmes des migrations, les pays acceptant de faire preuve de solidarité. J.C. Juncker se montre totalement opposé au rétablissement des frontières contraire à l’esprit de Schengen. Des propositions sont faites par la Commission pour tenter de résoudre les problèmes actuels.

            « Nos propositions sont connues, elles doivent être adoptées et mises en œuvre. »

J.C. Juncker évoque également les perspectives avant le sommet européen du 9 mai 2019 à Sibiu (Roumanie)   :

  • Dans les différentes négociations sur le Brexit, les Etats membres doivent montrer leur solidarité vis-à-vis de l’Irlande concernant le problème de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande ;
  • il faudra avoir négocié un accord de principe sur le budget d’après 2020 si l’Union veut favoriser certains financements tels que ceux attribués au programme Erasmus, à la recherche et aux startups, à la défense et à l’Afrique ;
  • un partenariat nouveau et équilibré avec l’Afrique devra permettre des engagements réciproques qui favoriseront les investissements et la création d’emplois (jusqu’à 10 millions). L’Union et son programme Erasmus auront soutenu 35 000 étudiants et chercheurs d’ici 2020. « Jusqu’en 2027, ce chiffre doit être porté à 105 000. » ;
  • Il conviendrait de « faire plus pour permettre à notre monnaie unique de jouer pleinement son rôle sur la scène internationale » en faisant cesser certaines aberrations (paiement de toutes les énergies importées en dollars…) ;
  • il faudrait accepter que certaines décisions de politique extérieure soient votées à la majorité qualifiée et non à l’unanimité afin qu’un pays ne puisse mettre son veto, notamment lorsqu’il s’agit de la défense des Droits de l’homme dans le monde.

 Enfin J.C. Juncker rappelle que « la Commission s’oppose à toutes les atteintes à l’Etat de droit » et que « le respect de la règle de droit et le respect des décisions de justice ne sont pas une option mais une obligation. »

 Il souhaite un rapprochement entre l’Est et l’Ouest de l’Europe et une prise en compte de la dimension sociale avancée au sommet de Göteborg (17 novembre 2017).

Sa conclusion met en avant l’idée selon laquelle la nation et l’Europe ne sont pas incompatibles. « Pour tenir sur leurs deux jambes, nations et Union européenne doivent marcher ensemble… Le patriotisme est une vertu, le nationalisme borné est un mensonge accablant et un poison pernicieux ».

Remarque : les comptes rendus faits dans la presse française ou étrangère sont très simplifiés et ne reprennent qu’un ou deux aspects du discours selon le degré d’intérêt du journal.

[1] Cf. article « Coup d’oeil sur les Balkans occidentaux ».

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