Elections européennes : cette fois, c’est différent !

Logo Elections européennes 25 maiDu 22 au 25 mai  2014,  quelque 388 millions citoyens des 28 pays membres de l’Union européenne sont conviés à élire 751 députés  qui les représenteront pendant 5 ans, au Parlement de Strasbourg.

L’enjeu de cette 8ème  consultation démocratique s’est considérablement renforcé. En effet, le traité de Lisbonne de 2007, en stipulant que « les chefs d’Etat et de gouvernement proposeront  au Parlement européen un candidat à la Présidence de la Commission en tenant compte  des élections au Parlement européen », laisse entendre que le Président de la Commission appartiendra à la formation ayant remporté l’élection. De simple chambre d’enregistrement et de confirmation (vote) du choix fait par le Conseil, le Parlement deviendra ainsi un acteur majeur qui, par l’élection,  investira le « patron » de l’organe exécutif de l’Union.

 Les conséquences d’une telle évolution sont d’ores et déjà sensibles dans la campagne qui débute :

  • d’une part, une personnalisation  du scrutin s’opère. Chaque force  politique transnationale ayant désigné un candidat au poste de président de la Commission européenne, c’est autour de  ces candidats, notamment ceux des formations  importantes (PPE et SD),- que s’organise la couverture médiatique de la campagne.
  • d’autre part, la politisation des programmes et du débat s’accentue avec, pour chaque formation, le double souci de se différencier et d’occuper le terrain électoral.
  • il s’ensuit une européanisation de l’enjeu électoral.

 Pourtant des interrogations subsistent :

  •  la personnalisation et la politisation du scrutin suffiront-t-elles pour dynamiser la campagne et inverser la hausse continue de l’abstentionnisme  (57 % en 2009) ?
  •  si, pour beaucoup d’observateurs et acteurs,  le candidat du parti politique ayant remporté l’élection, doit être automatiquement désigné Président de la Commission, plusieurs chefs d’Etat ou de gouvernement  comme A. Merkel, refusent tout « lien automatique » et, par là même, rejettent l’inflexion parlementaire qu’il représente !
  • enfin, si pour nombre d’analystes, la politisation est un facteur de clarification, d’autres craignent qu’elle ne mette à mal la culture du consensus, marque de fabrique originelle de la construction européenne.

Autant de questions dont les réponses dépendent largement de la mobilisation et des choix que feront les citoyens européens  dans quelques semaines, du 22 au 25 mai 2014.

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