Léonard de Vinci : une figure de l’humanisme européen

Le 2 mai 1519, il y a tout juste 500 ans, Léonard de Vinci s’éteignait au Château du Clos-Lucé près d’Amboise.

Cet anniversaire nous fournit l’occasion de revenir sur une personnalité culturelle européenne de premier plan. Une personnalité aux deux « identités », italienne pour l’essentiel de son existence, et française pour ses dernières années, et une personnalité au génie « multiple ».

Si l’on connaît parfaitement, en effet, le peintre de La Joconde, on connaît peut-être moins l’homme de science et de technique, quoique beaucoup ont certainement à l’esprit ce dessin de « l’Homme de Vitruve », une étude sur laquelle on voit la décomposition, dans un cercle, des gestes d’un homme bras et jambes écartés, image qui figure d’ailleurs sur les pièces italiennes de 1 euro.

 

Une éducation ouverte

Léonard est né près de Florence en 1452, enfant naturel d’un notable de la petite cité de Vinci et d’une fille de ferme. Il est cependant accueilli avec affection dans la famille paternelle et y reçoit une éducation rudimentaire. Ses dons précoces pour le dessin le font remarquer de l’artiste florentin Verrocchio dans l’atelier duquel il va se former aux côtés d’un certain Sandro Botticelli : il y pratique la peinture mais aussi un peu la sculpture, la dorure, la gravure, la menuiserie… et y découvre les mathématiques !

Peintre et ingénieur

Il s’affirme rapidement comme artiste peintre mais également comme ingénieur. Et c’est à ce double titre que, recommandé par les Médicis de Florence, il entre au service du duc de Milan, Ludovic Sforza : le peintre y réalise des portraits et des décors de théâtre, et l’ingénieur des machineries, des éléments d’architecture. Il élabore également à cette époque des projets techniques et militaires.

Cet aspect « multi-talents » en fait l’archétype de « l’honnête homme » de la Renaissance européenne, une tête « bien faite plutôt que bien pleine », selon le mot de Montaigne. Bien que n’ayant reçu aucune formation universitaire, Léonard s’intéresse à tout : à l’art, la peinture, la sculpture, l’architecture et même la musique et la poésie, mais aussi à la science et la technique, la botanique, aussi bien que l’anatomie et l’armement… On le sait également écrivain et philosophe, dans la veine de l’humanisme, caractéristique de cette Renaissance européenne.

La pratique de la science lui donne la possibilité d’appliquer les deux principes fondamentaux de la pensée scientifique européenne : l’observation et l’expérimentation, d’où ces nombreux croquis et dessins qui n’ont pas tous débouché sur des réalisations mais qui ont révélé des aptitudes techniques indéniables et une imagination créatrice hors du commun.

L’ami de François 1er

Après avoir travaillé à Florence et à la cour de Milan on le retrouvera à Rome auprès de Julien de Médicis et de son frère, le pape Léon X. Mais au Vatican, c’est désormais Michel-Ange qui a tous les honneurs.

Aussi, déçu de ce manque d’égards, il accepte en 1516 l’invitation de François 1er de s’installer près de son château d’Amboise, et il est nommé « premier peintre, premier ingénieur et premier architecte du roi », offrant à ce dernier certains tableaux qu’il avait rapportés dans ses bagages, à dos de mulet, dit-on, à travers les Alpes, dont la Joconde. En lui donnant le château du Clos Lucé, François Ier, qui le considère comme un père, lui dit : « Ici Léonard, tu seras libre de rêver, de penser et de travailler ». Et il y travaillera à de nombreux projets comme ingénieur, architecte, metteur en scène… C’est là qu’il s’éteint le 2 mai 1519.

Il est devenu depuis une des figures majeures de la culture européenne, mais principalement, bien sûr, de la peinture : ses tableaux les plus connus restent la Cène, peinte sur les murs d’un couvent de Milan, et surtout la Joconde dont le Louvre s’enorgueillit et qui attise ces derniers temps quelques convoitises…

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