L’orchestre de Chambre d’Europe ou « La démocratie à l’orchestre »

Pour parler de l’Orchestre de Chambre d’Europe (officiellement Chamber Orchestra of Europe – COE), il faut d’abord évoquer la formation dont sont issus beaucoup de membres, à savoir, l’Orchestre des Jeunes de l’Union européenne (EUYO). Ce dernier, comme son nom l’indique, regroupe des jeunes musiciens classiques dans une formation soutenue et financée par l’Union européenne. Notons que cet orchestre, qui avait son siège à Londres, a dû, pour cause de Brexit, se trouver un autre lieu de résidence en Europe. L’EUYO résidera désormais à Ferrare et à Rome.

 

L’Orchestre de Chambre d’Europe créé en 1981 par des « jeunes » de l’EUYO ayant dépassé la limite d’âge, est considéré par beaucoup comme « le meilleur orchestre de chambre du monde ». Après avoir été de 2007 à 2013 un des « ambassadeurs culturels » de l’Union européenne, il ne reçoit aujourd’hui aucun subside de cette dernière, son financement reposant essentiellement sur le mécénat. Il intègre de façon variable des musiciens d’exception dont un certain nombre continue parallèlement une carrière musicale, en tant que solistes ou chefs de pupitres de grands orchestres nationaux. Ceux qui le composent (actuellement une soixantaine de membres, dont 18 anciens de l’EUYO) sont des Européens et plusieurs des chefs qui l’ont dirigé comptent parmi les plus prestigieux d’Europe : citons les noms de Claudio Abaddo, de Nikolaus Harnoncourt et, plus récemment, de Yannick Nézet-Séguin.

Si l’orchestre à un siège officiel, les lieux de travail, de répétitions ou de concerts varient selon les activités de l’orchestre et les disponibilités de ses membres. Si ces modalités de travail sont originales, le mode de fonctionnement de l’orchestre lui-même ne l’est pas moins, ce qui le fait qualifier parfois « d’ovni ». En effet, il fonctionne de façon quasi autogestionnaire et sans chef attitré : les membres de l’orchestre choisissent les solistes invités, assurent le recrutement et décident du choix du répertoire. L’un d’entre eux assure : « Le système fonctionne par consensus. S’il y a un problème, on vote à la majorité, mais c’est rare. En trente-cinq ans, je n’ai jamais connu de crise majeure. Les musiciens savent que le COE est leur orchestre. Il n’appartient à aucune ville, aucun gouvernement. C’est pour ça que ça marche ! ».

Ce mode de fonctionnement tranche avec l’image verticale et hiérarchisée – voire autoritaire – que l’on a généralement du monde très normalisé de la musique classique.

Le COE se produit régulièrement dans d’importants festivals européens comme le Festival de Lucerne et dans les plus grandes salles d’Europe : le Concertgebouw d’Amsterdam, la Philharmonie de Cologne… Et il est attendu au mois de mars prochain à la Philharmonie de Paris.

L’orchestre compte à son catalogue plus de 250 œuvres enregistrées et a reçu des prix prestigieux.

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