L’Union européenne agit pour les jeunes !

Quand on évoque la jeunesse européenne, on pense à étudiants – auberge espagnole – Erasmus ! Mais l’action de l’Union en matière de jeunesse se réduit-elle à Erasmus ?

 

La jeunesse correspond à la classe d’âge entre enfance et maturité soit les adolescents et les jeunes adultes sans accord unanime sur les limites. Pour l’ONU,  ce sont les  15-24 ans ; pour l’UE, le groupe est plus ouvert de 13 à 30 ans et, de ce fait plus hétérogène, certains étant en éducation, d’autres en formation générale ou en formation professionnelle,  d’autres en activité ou en recherche d’activité.

L’UE est compétente en matière de jeunesse comme le précise le titre XII du TFUE (Traité du Fonctionnement de l’Union Européenne) : « Education, formation professionnelle, jeunesse et sport ». Mais cette compétence est limitée puisque l’UE prend des mesures pour appuyer, coordonner ou compléter l’action des Etats membres et ce, à l’exclusion de toute harmonisation des dispositions législatives et réglementaires des Etats membres.

L’intervention de l’UE en matière de jeunesse est déjà ancienne :

  • en 1988, un premier programme destiné aux jeunes, intitulé « Jeunesse pour l’Europe » vise à favoriser les échanges et la mobilité des jeunes, notamment des étudiants dans le cadre du programme Erasmus créé un an plus tôt ;
  • en 1996, est créé le Service Volontaire Européen ;
  • en 2005, le Pacte européen pour la jeunesse voit le jour avec pour objectif principal l’amélioration de l’instruction, de la formation, de la mobilité, de l’insertion professionnelle et de l’inclusion sociale des jeunes Européens, tout en facilitant la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle.
  • en 2009, la Stratégie pour la jeunesse est adoptée avec pour  objectifs l’élargissement et l’amélioration des possibilités offertes aux jeunes et la promotion de la citoyenneté active, de l’intégration sociale et de la solidarité.

L’Union encourage la mobilité des jeunes Européens sous deux aspects : la mobilité éducative et la mobilité civique.

La mobilité des jeunes Européens aux fins d’éducation et de formation s’inscrit dans le programme emblématique : Erasmus+.

Erasmus+ regroupe, depuis 2014, différents programmes jusque-là distincts :

  • les dispositifs constituant le programme Education et Formation tout au long de la vie à savoir (Erasmus pour les étudiants, Leonardo da Vinci pour les apprentis, Comenius pour les scolaires et Grundtvig pour les adultes) ;
  • le programme d’éducation non formelle « Jeunesse en action » ;
  • et cinq programmes de coopération internationale (Erasmus Mundus, Tempus, Alfa, Edulink et le programme de coopération avec les pays industrialisés).

Le budget du programme Erasmus + s’élève à 14,7 milliards d’euros pour la période 2014-2020, en augmentation de 40 % par rapport à l’exercice précédent,  et la Commission propose de l’augmenter pour la période 2021-2027. Ce budget doit permettre une hausse du nombre de mobilités éducatives.

L’Union européenne encourage aussi la mobilité d’engagement volontaire des jeunes Européens au travers de plusieurs dispositifs qu’elle finance :

  • le Service volontaire européen avec un financement Erasmus+ : l’objectif est de permettre à des jeunes Européens entre 17 et 30 ans, sans condition de diplôme ou de niveau de langue, de séjourner  entre 2 semaines et 12 mois dans un autre pays de l’UE pour participer à une activité proposée par un organisme à but non lucratif dans des domaines variés : culture, sport, environnement, social. Le séjour doit permettre de découvrir un autre pays et de développer des compétences utiles à l’insertion sociale et professionnelle du Jeune volontaire.
  • le Corps européen de solidarité créé en 2016 et entré en activité en octobre 2018 : il offre aux jeunes Européens de moins de 30 ans l’occasion de s’engager auprès d’une organisation non-gouvernementale (ONG), une autorité locale ou une entreprise privée pour aider à la reconstruction de communautés suite à des catastrophes naturelles, pour répondre à des défis sociaux tels que l’exclusion sociale, la pauvreté ou pour travailler à l’accueil et à l’intégration des réfugiés. La Commission européenne escompte 100 000 participants d’ici 2020 !

En matière de chômage des jeunes, l’Union européenne intervient dans les limites de sa compétence évoquées précédemment.

En 2013, avec la Garantie pour la jeunesse, engagement a été pris d’assurer à tous les jeunes de moins de 25 ans le bénéfice d’une offre de qualité (emploi, formation, apprentissage ou stage) dans les quatre mois après leur perte d’emploi ou la fin de leurs études : coût : 21 milliards par an. Depuis janvier 2014, selon la Commission européenne, cette Garantie pour la jeunesse a bénéficié à 14 millions de jeunes Européens dont 9 millions ont accepté une offre d’emploi. La Garantie jeunes est la déclinaison française de ce programme.

Dans les régions enregistrant un taux de chômage de jeunes supérieur à 25 %, une aide supplémentaire aux jeunes de moins de 25 ans est apportée notamment aux jeunes sans emploi, ne suivant ni enseignement, ni formation (NEET).

 

Enfin, des actions spécifiques de valorisation sont réservées aux jeunes : attribution du Prix Charlemagne de la Jeunesse européenne qui, depuis 2008, récompense  des projets à dimension européenne ou opération DiscoverEU qui a permis durant cet été à 15 000 jeunes de voyager gratuitement à travers l’Europe.

 

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