Trenčín, une des deux Capitales européennes de la culture 2026

© Trencin 2026

Depuis 2009, ce sont deux villes européennes à qui est décerné chaque année le label prestigieux et envié de Capitale européenne de la culture. Cette distinction[1], instituée en 1985 à l’initiative de Mélina Mercouri, Ministre grecque de la culture et soutenue par son homologue de l’époque, Jack Lang, a pour but, selon la Commission européenne de « Mettre en valeur la diversité de la richesse culturelle en Europe et les liens qui nous unissent en tant qu’Européens ». Ces villes sont choisies selon un système de rotation entre les différents Etats membres à partir des dossiers présentés six années auparavant par les villes candidates.

Pour 2026, ce sont les projets déposés par la ville slovaque de Trenčín et par celle d’Oulu en Finlande qui ont été retenus. Nous aurons l’occasion de présenter cette dernière dans notre prochaine lettre d’information.

Nous nous intéressons aujourd’hui à Trenčín, petite ville d’une cinquantaine de milliers d’habitants, à l’ouest de la Slovaquie, au cœur du massif des Carpates. C’est en partie sa proximité avec la République tchèque qui explique le dynamisme de cette cité industrielle qui est aussi une ville d’histoire et de culture dont le centre ancien est dominé par son imposant château, vestige des luttes d’influence passées. Une des curiosités de la vieille ville est sa synagogue, témoin d’une implantation juive ancienne et devenue aujourd’hui un centre culturel et une salle de concerts.

Depuis le 1er janvier, date d’entrée dans cette année « capitale », et jusqu’à la fin de cette année, de nombreux événements et manifestations associant étroitement la population locale au projet sont organisés. Le slogan « Réveiller la curiosité » explique peut-être que nombre de ces événements s’accompagnent de rénovations apportées au patrimoine culturel local comme en ont bénéficié le château médiéval et l’ancien musée qui a accueilli en août une exposition d’art contemporain. Ont été ou seront, d’ici la fin de l’année, mises à l’honneur plusieurs disciplines artistiques ou culturelles : l’architecture, la peinture, la musique, à travers notamment le Festival du Raisin qui, en août, a fait vibrer toute la ville au son des musiques électro et rock, mais aussi la littérature envisagée comme outil de dialogue et de réflexion avec son  » festival de lecture ».

Les concepteurs du projet Trenčín 2026 avaient en effet affiché l’objectif de faire de cette ville frontalière « un îlot de liberté » et de « renforcer nos liens avec l’Europe ».

A l’heure où le gouvernement slovaque de Robert Fico, en place depuis 2023, n’apparaît pas comme le défenseur le plus déterminé des valeurs européennes, le programme d’animations résolument ouvert et rassembleur de Trenčín 2026 et l’accueil qui est réservé à celles-ci sont là pour réaffirmer l’attachement que la société slovaque est prête à leur témoigner.


[1] À l’appellation « Ville européenne de la Culture » succède en 1999 celle de « Capitale ».