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Du 1er janvier au 15 juin 2015, la Lettonie occupe pour la première fois la présidence tournante de l’Union Européenne (UE) : c’est l’occasion de mieux connaître cet Etat du Nord-Est de l’Europe.

La Lettonie est bordée par la mer Baltique à l’ouest et se trouve entre l’Estonie au nord et la Lituanie au sud, au contact de la Russie et de la Biélorussie à l’est.
C’est un petit pays, marqué par l’histoire, faiblement peuplé ; ancré à l’ouest avec son adhésion à l’UE en 2004, ses relations sont délicates avec la Russie.

La Lettonie (64 600 km2, superficie comparable à celle de la Suisse, du Danemark ou des Pays-Bas) se situe à l’extrémité occidentale de la grande plaine d’Europe du Nord, à une altitude inférieure à 200 m. Le climat continental, aux hivers froids et neigeux, est adouci à l’ouest par l’influence de la mer Baltique sur laquelle s’ouvre une façade maritime de 500 km. La forêt de conifères (épicéas, pins sylvestres), de feuillus (bouleaux, trembles) couvre les deux cinquièmes du pays dont elle constitue une ressource essentielle. Elle abrite encore des lynx d’Eurasie à l’état sauvage, des cigognes, des castors. Quelques carrières, l’exploitation de l’ambre complètent ces ressources limitées. La forte croissance économique a été interrompue en 2007 par trois années de récession. Malgré la reprise de l’activité (4,1% en 2013), le taux de chômage reste élevé (11,9% en 2013).

La Lettonie n’existait pas avant 1919. Elle est née de la réunion des provinces qui séparaient l’Estonie de la Lituanie. Du VIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle, ce territoire a été sans cesse dominé par des puissances étrangères : Vikings, Chevaliers teutoniques, Danois, marchands de la Hanse, Polonais, Suédois et enfin Russes. L’indépendance, de 1920 à 1940, donne un Etat à la nation lettone. Occupée par les soviétiques en 1940, puis par les nazis, avant de retomber sous la domination communiste jusqu’en 1991, la Lettonie s’ouvre alors à la démocratie et à l’économie de marché. Cette histoire mouvementée a laissé une empreinte dans le domaine religieux (arrivée au XVIe siècle, la Réforme luthérienne est adoptée par la majorité des Lettons), culturel et démographique.
La Lettonie est un pays peu peuplé (2, 1 millions d’habitants en 2014), en déclin démographique en raison de la faible fécondité et du solde migratoire négatif : départ des Russes (civils et militaires), et des jeunes vers l’UE. Les Lettons constituent 59% de la population totale, mais la proportion des Russes (29%) reste importante devant les Biélorusses (3,9%), les Ukrainiens (2,4%) et d’autres groupes minoritaires.

La Lettonie est une république parlementaire. Andris Bērziņš a été élu Président en 2011. A la suite de l’effondrement du toit d’un supermarché qui a coûté la vie à 54 personnes à Riga fin 2013, l’ancien Premier ministre Valdis Dombrovskis, en place depuis le 26 février 2009, a choisi de démissionner le 27 novembre 2013. Le chef de l’Etat a chargé Laimdota Straujuma, 62 ans, de former un nouveau gouvernement de coalition. En janvier 2014, Mme Straujuma devient ainsi la première femme chef du gouvernement de la Lettonie.

Après avoir adhéré à l’OTAN en 2002, la Lettonie, devenue membre de l’UE en 2004, a intégré l’espace Schengen en 2007 et la zone euro le 1er janvier 2014. La face nationale des euros lettons, conformément à la tradition qui vise à distinguer les pièces nationales par des symboles capables d’évoquer le pays pour le reste de l’Europe, présente les armoiries de la Lettonie et le visage de Milda, symbole de la liberté, de l’indépendance et de la souveraineté du pays. La Lettonie est représentée par 8 députés européens et 4 voix au Conseil de l’UE.
Riga a été la capitale de la culture européenne en 2014. L’utilisation de noms prestigieux a permis d’affirmer la participation de la culture lettone à la culture européenne : Sergueï Eisenstein, Gustav Klucis, nés en Lettonie, ont vécu à l’étranger et sont mondialement connus.

Dans le programme culturel de 2014, la mise au second plan de l’influence russe s’explique par les rapports difficiles avec la Russie :

  • Contentieux frontalier, à propos du territoire d’Abrene occupé par la Russie depuis 1944 ;
  • Limitation de l’attribution de la nationalité pour la minorité russophone aux citoyens présents dans le pays avant l’invasion soviétique de 1940 et à leurs descendants.
  • Dépendance à l’égard des hydrocarbures et du gaz russes, que la Russie souhaite exporter en contournant les Pays baltes.
  • Interdiction, en avril dernier, de la diffusion des chaînes russes sur le territoire letton après avoir épinglé plusieurs programmes tendancieux sur la crise en Ukraine qui contrarient les intérêts des États baltes. La Lettonie a l’intention de créer, avec le soutien de l’UE, une chaîne TV en langue russe pour contrer la propagande de Moscou.

Laimdota Straujuma, la nouvelle première ministre lettone, assure que sa présidence de l’UE pour les six mois à venir tentera d’apaiser les tensions entre l’Europe et la Russie. Trois axes prioritaires sont mis en avant : développer les nouvelles technologies (agenda numérique), renforcer la compétitivité européenne et affirmer l’engagement de l’UE sur la scène internationale.

Pour en savoir plus sur la Lettonie :