Woman at war – Prix Lux 2018 du cinéma européen

Un rappel tout d’abord : le Prix Lux est décerné chaque année par un jury constitué de députés européens pour promouvoir le cinéma européen, rendre des films prometteurs accessibles à un public plus large et encourager le débat sur les valeurs et les questions sociales à travers l’Europe. Il récompense un film européen illustrant « l’universalité des valeurs européennes, la diversité culturelle et le processus de construction continentale ».

Le dernier lauréat de cette distinction européenne est une production islando-franco-ukrainienne, sortie en juillet 2018, le film Woman at war, du réalisateur islandais Benedikt Erlingsson, soutenu par Eurimages, le fonds culturel du Conseil de l’Europe

Un film de la lointaine Europe du nord, en l’occurrence l’Islande, pays qui n’appartient pas, signalons-le, à l’Union européenne, et un film qui rappelle ceux d’un cousin scandinave, le finlandais Kaurismaki, par deux aspects au moins : d’abord par sa narration qui l’apparente à la fable, et ensuite par son contenu délibérément humaniste. Comme dans les films de Kaurismaki, l’héroïne de Woman at war traverse des situations pour le moins difficiles, mais le sort qui lui est finalement réservé laisse entrevoir une espérance et une foi inaltérable en la solidarité humaine.

Nous ne dévoilerons pas ici les éléments d’un récit dont un des attraits réside, en grande part, dans le suspense qui y est habilement entretenu. Disons toutefois qu’il s’agit du combat presque solitaire d’une femme : paisible chef de chœur dans une chorale locale, elle est aussi la mystérieuse « femme de la Montagne », une activiste environnementale, qui devient l’ennemie publique numéro 1.

Un autre intérêt du film réside bien sûr dans le jeu puissant mais distancié, de l’actrice islandaise Halldora Geirhardsdottir, qui incarne (entre autres) la surprenante Halla. Il réside aussi, dans la façon qu’a le réalisateur de filmer les paysages sauvages de cette terre d’Islande, loin toutefois des clichés pittoresques que l’on pourrait en avoir. Une nature-personnage en quelque sorte, que l’héroïne a entrepris de défendre

C’est en particulier cet aspect-là du film que le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a souligné en remettant le prix le 30 octobre dernier : « Il faut agir et de manière urgente pour protéger notre planète ». Il a par ailleurs rajouté que les trois films finalistes[1] étaient centrés sur  » des histoires de femmes fortes et déterminées à changer les choses. »

Un film beau et attachant, disponible aujourd’hui en DVD. « A vos cassettes ! » comme on ne dit plus désormais…

 

[1] Les deux autres films en lice : Styx de Wolfgang Fischer (Allemagne, Autriche) et le documentaire The Other Side of Everything de Mila Turajlić (France, Serbie, Qatar).

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