
©European Union, 2026
Pour faciliter l’analyse de l’intervention de l’Union, il convient de distinguer le voyage en Europe et le voyage hors d’Europe. Précisons que nous ne nous intéressons pas aux motifs du voyage : affaires, tourisme, études…
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- S‘agissant du voyage effectué par un Européen dans l’Union européenne, le fondement en est la liberté de circulation et de séjour des personnes. Établie en 1990, inscrite dans les traités et garantie par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, la libre circulation s’est accompagnée de la suppression du visa et, avec Schengen, de la suppression du contrôle systématique lors du franchissement des frontières. Néanmoins, le rétablissement provisoire des contrôles est possible en cas de circonstances exceptionnelles[1]. Pour rappel, l’espace Schengen est constitué de 29 pays dont 4 non communautaires (Islande, Norvège, Liechtenstein et Suisse) moins l’Irlande et Chypre. Une précision pour les voyageurs européens qui ne sont pas de nationalité française : les 5 départements d’outre-mer français (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion et Mayotte) bien qu’étant dans l’UE en tant que régions ultrapériphériques, ne font pas partie de l’espace Schengen.
- Pour les voyages hors d’Europe, l’UE ayant exempté de visas de court séjour (90 jours sur toute période de 180 jours) une soixantaine de pays, les ressortissants européens qui souhaitent se rendre dans ces pays bénéficient de la réciprocité[2] avec parfois des conditions spécifiques : ainsi, pour les Etats-Unis, il est nécessaire de posséder un passeport valide, biométrique ou électronique et une autorisation électronique (eta). Mais, début décembre 2025, le président Trump a annoncé de nouvelles exigences : transmission de l’historique des activités sur les réseaux sociaux, communication des numéros de téléphone et adresses électroniques utilisés au cours des cinq et dix dernières années et fourniture d’informations sur l’entourage familial. Affaire à suivre.
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- Par ailleurs, l’Union européenne apporte des garanties aux citoyens européens qui voyagent à l’étranger.
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- Avec le traité de Maastricht, l’Union a instauré la garantie d’une protection diplomatique et consulaire qui fait que tout citoyen de l’UE voyageant dans un pays tiers dans lequel l’État membre dont il est ressortissant n’est pas représenté, peut bénéficier d’une protection assurée par des autorités diplomatiques ou consulaires de tout autre État membre de l’UE représenté dans le pays.
- D’autre part, l’Union européenne garantit des droits de « base » aux passagers. Ce sont la non-discrimination, la protection particulière des passagers à mobilité réduite, l’information des voyageurs, le traitement des plaintes… Ces droits portent sur les vols et réservations, les retards et annulations, les dommages causés aux bagages, les refus d’embarquement, la surréservation, l’indemnisation en cas d’accident ou de problème avec les forfaits vacances. Les mécanismes d’assistance et de compensation en cas d’annulation ou de retard important, sont propres à chaque mode de transport.
- Dans le domaine aérien, bénéficient de ces droits les passagers de vols réguliers ou de vols charters y compris les vols achetés dans le cadre d’un voyage à forfait. Sont concernés les vols au départ des aéroports de l’Union européenne quelle que soit la nationalité de la compagnie aérienne, les vols exploités par une compagnie de l’Union européenne en provenance d’un aéroport extérieur à l’Union mais à destination d’un aéroport de l’UE. Par ailleurs, l’Union européenne tient à jour une liste des compagnies aériennes interdites de vol sur son territoire et non autorisées à utiliser ses aéroports.
- Dans le domaine du transport terrestre, ces droits sont applicables aux voyages en autobus et autocar se terminant dans un pays de l’UE, et, pour l’essentiel, aux trajets réguliers longue distance (250 km).
- Pour le train, les droits s’appliquent en principe à tous les voyages et services ferroviaires au sein de l’UE.
- S’agissant de voyage en bateau, les règles européennes s’appliquent en principe à la plupart des transbordeurs et des navires de croisière en mer ou sur voie fluviale qui partent d’un port de l’UE et aux navires qui se rendent dans un port de l’UE depuis un port extérieur si le service de transport est exploité par une entreprise de transport de l’UE.
En outre, l’UE offre des facilités aux voyageurs européens dans l’espace européen : en vrac on peut citer :
- la carte européenne d’assurance maladie qui permet, depuis 2004, la prise en charge d’un ressortissant pour les soins de santé médicalement nécessaires survenus à l’occasion de séjours temporaires dans l’Union européenne mais aussi en Norvège, au Liechtenstein, en Islande ou en Suisse ;
- instauré en 2006, le permis de conduire européen est reconnu dans toute l’Union et son format est standardisé ;
- créé en 1991, mais disponible partout seulement depuis 2000, le 112 est un numéro unique d’appel d’urgence. Accessible de tous les lieux de l’Union européenne, il permet de contacter les services d’urgence d’un pays ;
- en 2017 est intervenue la suppression des frais d’itinérance. Dorénavant les appels, SMS et données mobiles effectués par les consommateurs (particuliers et entreprises) en déplacement dans l’UE sont facturés au tarif national.
- enfin, ne l’oublions pas, il y a l’absence du change pour les Européens au sein de la zone €.
L’UE facilite le voyage mais elle fait davantage encore : elle encourage la découverte. Avec Discover EU, une action du programme d’Erasmus +, les jeunes âgés de 18 ans sont invités à voyager pour « apprendre sur l’Europe », son histoire et son patrimoine culturel, pour nouer des liens avec des personnes venues des quatre coins du continent. Il s’agit d’un voyage d’un mois en train principalement qui permet, seul ou en groupe, de visiter plusieurs pays. Depuis 2018, près de 400 000 jeunes Européens ont bénéficié d’un titre de transport.
[1] Suite aux attentats de 1995, la France a rétabli et maintenu jusqu’à aujourd’hui le contrôle à ses frontières intérieures.
[2] La liste de ces pays figure dans l’annexe II du règlement européen de 2018.