La clé USB de Jean-Philippe Toussaint[1]

Ce roman est une fiction qui s’organise autour de trois éléments. Le narrateur, Jean Detrez, fonctionnaire à la Commission européenne, est spécialiste de prospective stratégique, technique de sécurisation et de stockage des données informatiques, dont l’application la plus commune est celle du minage des bitcoins. De mystérieux lobbyistes bulgares, à l’aspect désuet (gabardine, moustache…), représentant les intérêts d’une entreprise chinoise, proposent à Detrez, qui doit participer à une conférence à Tokyo, un détour louche par la Chine pour causer cryptomonnaie. Enfin, la clé USB, égarée par un des interlocuteurs, récupérée par Detrez, renferme des dossiers compromettants sur des systèmes de piratage.

« J’ai découvert un monde trouble, avec des enjeux géostratégiques complexes et un arrière plan de cybercriminalité », avoue J.P. Toussaint, qui est né et vit à Bruxelles.

Le voyage en Asie est l’occasion de quelques descriptions extraordinaires : le vol de l’ordinateur de Detrez dans les toilettes de l’hôtel, à Dalian, en Chine ; sa colère contre les cintres de l’hôtel : « Mais qui avait eu cette idée démoniaque et mesquine d’amputer les cintres de leur crochet pour qu’on ne pût pas les voler ? N’était-ce pas, de surcroît, la négation même du principe du cintre ? ».

Roman d’espionnage dans sa première partie, la fin du livre s’oriente vers un autre récit, lié au père du narrateur, lui même ex Commissaire européen, et ramène Detrez à ses racines et à son enfance.


[1] Les Editions de minuit. 191p. 17€.

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