Rijeka, capitale européenne de la culture 2020

Capitale européenne de la culture est un titre qui a été attribué, depuis 1985, par la Commission européenne.
Les villes candidates doivent prouver qu’elles considèrent la culture comme un aspect important de leur développement et de leur transformation.

La ville choisie reçoit des financements provenant de fonds publics nationaux, régionaux, locaux et européens, ainsi que des contributions de sponsors. En devenant la capitale européenne de la culture, Rijeka a été inscrite sur la liste d’une soixantaine de villes européennes qui ont déjà remporté le titre, comme Marseille, Linz, Essen, Graz, Dublin, Liverpool, Athènes, Rotterdam, Gênes et bien d’autres. Rijeka est également la première ville croate à détenir le titre.

Depuis 2001, deux capitales sont désignées chaque année ; en 2020, Galway en Irlande est l’autre ville choisie.

Rijeka (en italien Fiume) est une ville située sur la baie de Kvarner, chef-lieu du Comté de Primorje-Gorski Kotar ; elle compterait 143 800 habitants (recensement de 2011) dont 80,39 % de Croates, 6,21 % de Serbes et 1,92 % d’Italiens. C’est la principale ville portuaire de Croatie ; elle se situe au croisement d’influences méditerranéennes, d’Europe centrale et d’Europe de l’Est ; tout au long de son histoire, elle a été ballottée entre plusieurs Etats et notamment sept pays différents au cours du siècle dernier, de l’empire austro-hongrois à l’annexion italienne et à l’occupation nazie, jusqu’à la République yougoslave et à la Croatie.

Comme Capitale européenne de la culture, Rijeka va offrir plus de 600 événements auxquels participeront plus de 250 institutions culturelles, des organisations de Croatie, de 40 autres pays d’Europe et du reste du monde. Ce titre ne met pas seulement Rijeka et sa région en valeur ; il assure la reconnaissance de toute la Croatie en Europe et dans le reste du monde, augmentant ainsi la visibilité des citoyens croates sur la carte culturelle de l’Europe.

Rijeka compte bien sortir du marasme économique dans lequel elle se trouve ; dans ce contexte, elle construit et ouvre de nouveaux bâtiments et installations culturels ; ainsi, l’ancien complexe industriel de l’usine Rikard Bensic[1], est définitivement devenu un quartier d’art à Rijeka et abrite le Musée de la ville, la bibliothèque municipale et la Maison des enfants, premier bâtiment du genre en Croatie, dédié au développement de la créativité chez les enfants. Le navire Galeb[2] est également en cours de rénovation pour devenir un musée de l’histoire de la Yougoslavie et de la Croatie, doublé d’un hôtel et d’un restaurant.

En outre, le long de la côte et à Rijeka même, des artistes internationaux et croates renommés créent et installent diverses sculptures d’art permanentes, créant ainsi une nouvelle route touristique culturelle à Kvarner dans le cadre du fleuron de Lungomare Art (Art riverain). L’itinéraire touristique culturel suit aussi les chemins de la famille Frankopan[3], qui comprend la rénovation de 17 châteaux et trois sites religieux dans le comté de Primorje-Gorski Kotar.

Les trois thèmes principaux du programme ont été choisis comme symboles des identités entrelacées de Rijeka et de l’Europe contemporaine : l’eau, le travail et la migration. Ces thèmes figurent au programme de diverses façons : expositions, spectacles, opéras, conférences, concerts, festivals, visites d’artistes internationaux et croates, projets entrepris par des associations locales, rénovation d’espaces et installation de sculptures, promotions de livres et rencontres avec les citoyens de Rijeka, de la région, de la Croatie et de l’Europe.

Le programme culturel est divisé en sept segments thématiques entrelacés, ou fleurons[4] : 27 quartiers / Temps de pouvoir / Dopolavoro / Maison des enfants / Cuisine de la diversité / Lungomare Art / Sucre et sel. Chaque fleuron comprend une série d’événements distincts et a été développé en coopération avec de nombreux partenaires nationaux et étrangers.


[1] Grosse usine d’équipements automobiles, de fonderie (presses pour le vin, olives, moulins, amarrage, treuils, chaudières de navires, armes, etc.) et qui a évolué selon les circonstances, de 1948 à 2005, date à laquelle elle a cessé ses activités.

[2] C’est le mythique yacht de l’ancien dirigeant yougoslave Tito dont l’épave avait échoué dans le port de Rijeka et qui avait été rachetée aux enchères par la municipalité en 2009, créant de vives polémiques.

[3] Ancienne famille médiévale croate (1133-1673) dont les membres jouèrent un rôle majeur dans l’histoire du royaume de Hongrie et de Croatie.

[4] Source : https://rijeka2020.eu/en/about-the-project/cultural-programme/flagships/

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