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Pour s’acquitter efficacement de la mission qui est la sienne – promouvoir les droits de l’homme, la pratique de la démocratie et la prééminence du droit – le Conseil de l’Europe[1] a fait de la culture une composante essentielle de son action.
Pour cette institution, la culture est « l’âme de la démocratie » et l’un des fondements du vivre ensemble. La défendre exige de s’investir en faveur de politiques culturelles fortes, visant la transparence, l’accessibilité, la participation et la créativité et de promouvoir le respect de l’identité, autant que la diversité des droits culturels.
Le Conseil de l’Europe développe à ce titre de nombreux programmes de travail ou d’appui, qu’ils soient à caractère ponctuel ou permanent comme le développement d’indicateurs sur la culture et la démocratie, la mise en œuvre d’un service public en ligne d’information et de suivi sur les politiques culturelles européennes ou encore l’animation d’un fonds de soutien au cinéma européen…
Mais à l’heure de l’été et des voyages, peut-être est-il intéressant de s’arrêter sur celui qui est certainement le plus emblématique et sans doute le plus concret et le plus accessible à l’ensemble des citoyens européens : le programme des Itinéraires culturels.
Lancé en 1987, son objectif était de démontrer, à travers le voyage dans l’espace et dans le temps, que le patrimoine, la mémoire ou l’histoire des différents pays d’Europe concourent, dans leur diversité même, à forger un patrimoine culturel commun.
En s’appuyant sur des thèmes ayant une importance symbolique pour l’unité, l’histoire, la culture et les valeurs européennes à travers la valorisation de destinations méconnues, ce programme permet aux 43 pays européens qui en sont partie prenante de développer de nouvelles coopérations culturelles, de renforcer le développement de leurs territoires et de favoriser la dimension démocratique du tourisme culturel par la création de réseaux et l’implication sur le terrain d’associations , de collectivités locales, d’universités ou d’organisations professionnelles.
Il contribue ainsi à préserver la diversité du patrimoine grâce à des itinéraires et des projets culturels fondés sur des thèmes et des itinéraires touristiques alternatifs.
On compte aujourd’hui 49 itinéraires reconnus et 15 nouveaux réseaux sont candidats à la certification.
Les critères de leur sélection ? Porter un thème représentatif des valeurs européennes, commun à au moins trois pays d’Europe, s’appuyer sur une recherche scientifique transnationale et pluridisciplinaire, permettre les échanges culturels et éducatifs pour les jeunes, développer des projets novateurs dans le domaine du tourisme et des pratiques culturelles.
Une agence technique de réalisation, l’Institut européen des Itinéraires culturels (IEIC), créé en 1998, instruit les nouveaux projets, assure le suivi sur le terrain des itinéraires et la liaison entre les partenaires, diffuse et archive les documents d’information.
Aujourd’hui, la France est le pays européen qui compte le plus grand nombre de ces itinéraires, avec plus de 30 d’entre eux qui traversent le pays et 14 qui y ont leur siège.
Difficile donc de les citer tous[2]. Arrêtons-nous quand même sur un des deux derniers itinéraires labellisés en 2025, celui des « Itinéraires Liberté Pyrénées Europe ». Il implique un réseau courant sur la France, l’Espagne et le Portugal et retrace les chemins empruntés par les résistants et les réfugiés ayant fui les persécutions nazies et fascistes. Il combine ainsi mémoire historique, patrimoine culturel et patrimoine naturel, offrant aux visiteurs une expérience immersive unique qui met en avant la solidarité et le courage des hommes et des femmes qui ont parcouru ces chemins, ainsi que l’engagement de ceux qui les ont aidés dans leur quête de liberté. Un guide du Routard lui est même consacré !
[1] Le Conseil de l’Europe a été institué le 5 mai 1949. Il est la principale organisation de défense des droits humains sur le continent. Il compte 46 États membres, dont tous les membres de l’Union européenne. Tous les États membres du Conseil de l’Europe ont signé la Convention européenne des droits de l’homme établie pour protéger les droits humains, la démocratie et l’État de droit.
Le Conseil a également pour but de favoriser le progrès économique et social et son rôle permet de renforcer la construction européenne.
[2] Pour les populariser, une exposition circule cette année dans plusieurs villes de France (Paris, Brest, Arras, Boulogne sur mer, La Rochelle, Firminy, Deauville et enfin le département de l’Aube). Pour en savoir plus : https://www.coe