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Six ans après le Brexit, le Royaume-Uni officialise son retour dans le programme ERASMUS + à partir de janvier 2027, actant ainsi de façon symbolique son rapprochement avec l’Union européenne. Porté par la relance des relations initiée par Keir Starmer, premier ministre britannique, cet accord devrait bénéficier à plus de 100 000 participants pour sa première année.
Le gouvernement britannique assurait en décembre dernier avoir obtenu une réduction de 30 % de sa contribution financière au programme en tant que pays non membre de l’Union européenne, estimant que cet accord « trouve un juste équilibre entre sa contribution et les bénéfices qu’il offre« . Un taux confirmé le 15 avril, selon le média européen Politico. Le coût attendu de la réintégration du Royaume-Uni au programme ERASMUS + en 2027 s’élèverait donc à 570 millions de livres sterling (environ 650 millions d’euros).
Cet accord est vu comme l’illustration concrète d’une relation plus constructive entre le Royaume- Uni et l’Union européenne, après des années de tension avec les précédents gouvernements conservateurs britanniques. Mais ce retour va bien au-delà d’un simple changement de politique. Il marque un engagement renouvelé en faveur des échanges internationaux, de la coopération et du renforcement des opportunités éducatives.
Pour les étudiants, il rouvre une voie structurée et financée vers des études ou des formations à l’étranger. Pour les établissements, il rétablit un cadre essentiel à la collaboration et à l’innovation. Pour tous les partenaires, il reconnecte le Royaume-Uni au plus grand réseau européen de mobilité éducative.
ERASMUS+ constitue en effet un cadre structurant pour des coopérations à long terme. Universités, établissements scolaires, centres de formations d’apprentis, organisations de jeunesse ou structures de sport peuvent s’appuyer sur ce programme pour :
- développer des formations conjointes et des diplômes communs,
- partager des pratiques pédagogiques et innover dans leurs programmes,
- favoriser la mobilité du personnel et le développement des compétences professionnelles,
- renforcer des partenariats internationaux qui débouchent souvent sur des collaborations plus larges.
Les nouvelles modalités de participation du Royaume Uni au programme (types d’actions accessibles, conditions financières, calendrier) restent à venir. Elles seront précisées dans les accords d’association à conclure avec les 27 États membres.
D’où une réaction prudente de la Déléguée régionale adjointe aux relations européennes et internationales et à la coopération de l’Académie de Limoges, que nous avons interrogée, même s’il s’agit pour elle d’une bonne nouvelle.
En voici le résumé :
« De nombreux établissements de l’Académie ont continué de faire des voyages scolaires de l’autre côté de la Manche pendant le Brexit, notamment à Londres mais il ne s’agissait pas de partenariat pérenne avec des établissements scolaires. On peut donc raisonnablement espérer que le retour du Royaume- Uni dans le programme Erasmus+ permettra de (re)nouer des relations durables.
Erasmus+ apporte une vraie plus-value. Au-delà des aspects financiers non négligeables, le programme oblige également les établissements à des résultats qualitatifs et pédagogiques. Cette réouverture vers le territoire anglophone par excellence est évidemment une opportunité à ressaisir.
Mais la relance passera par une certaine vigilance pour éviter les risques de saturation dans certains endroits d ’Angleterre et veiller à des collaborations fructueuses et non à des relations unilatérales.
La première difficulté va se poser dans la recherche de partenaires, à la fois en nombre et en qualité. Il va falloir apprendre à se « réapproprier » le territoire britannique, ne pas cibler uniquement Londres et se laisser l’opportunité d’aller vers des partenaires proches de nos problématiques. Nous allons donc devoir accompagner les établissements à la fois de l’Académie vers le Royaume- Uni et dans l’autre sens, les établissements d’Outre-Manche souhaitant collaborer avec nous ».
Et nous lui laisserons la conclusion :
« ERASMUS + fêtera ses 40 ans en 2027, ce retour du Royaume-Uni dans le programme représente donc un beau clin d’œil et tout un symbole pour la poursuite de l’ouverture européenne et la coopération internationale ».